J’en ai marre… Marre des esprits fermés, des êtres bornés. Marre de ceux qui jugent sans vouloir savoir.

J’en ai marre de ceux qui détestent l’autre sans même le connaître, qui critiquent à tout va, qui prêtent à autrui de mauvaises intentions sur simple prétexte d’une couleur de peau ou d’une religion.

J’en ai marre de ces jugements à deux balles, à l’emporte-pièce et sans réflexion.

J’en ai marre de ceux qui ne voient en l’autre que le fait qu’il est l’étranger.

Marre de ces gens qui ne sont jamais sortis de leur 5ème arrondissement ou de leur hameau de Thiercellieux, et qui disent pourtant que de toute façon, chez nous c’est mieux.

J’en ai marre d’entendre qu’on n’en veut pas des immigrés juste avant de m’encourager à rester en Suisse, en oubliant qu’ici, c’est moi l’immigrée.

J’en ai marre de ces « français de souche » et de leur fierté mal placée. De la souche ils tiennent sans nul doute leur immobilité et leur incapacité à évoluer.

Mais c’est sans nul doute moi qui suis naïve. Moi qui ne voit pas comme la France est menacée, comme tous ces immigrés viennent en profiter, et l’envahir pour la transformer en pire.

Moi qui ne voit pas à quel point mon pays est exceptionnel, incroyable et unique à tel point que tout un chacun ne peut que le jalouser.

Je suis sûrement bien naïve de vouloir croire en la bonté des hommes, de penser que la plupart d’entre eux souhaitent simplement vivre la plus belle vie qu’ils puissent trouver, sans chercher l’autre, sans vouloir le voler.

C’est vrai qu’avec l’air du temps, ma naïveté est bien malmenée. À les écouter je recherche les valeurs de ma France. Elle est où la tolérance?

Liberté – Égalité – Fraternité, qu’ils disaient!

Suis-je naïve d’espérer encore, de croire en l’humain, de rêver de meilleurs lendemains? Suis-je naïve de vouloir offrir à chacun sa chance, de ne pas vouloir mettre tout le monde dans le même panier? Suis-je naïve de refuser de voir un noir dessein dans les choix de chacun?

Je préfère me croire optimiste, je préfère me dire qu’en chacun de nous il y a du beau, même chez le dernier des idiots (même si ça c’est un peu compliqué). Je vous paraitrais peut-être naïve, mais tant pis, je vais l’assumer.

Je choisis la connaissance plutôt que l’insolence, la curiosité plutôt que la sécurité, la joie plutôt que de rester aux abois.

J’en ai marre de voir où va ma France, et j’ai peur, un peu, aussi.

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